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Jean-Louis Borloo : « Depuis que la gauche est au pouvoir, le Nord - Pas-de-Calais est abandonné »

Jean-Louis Borloo : « Depuis que la gauche est au pouvoir, le Nord - Pas-de-Calais est abandonné »

Le 12/11/2013

Retrouvez l'interview de Jean-Louis Borloo, Président de l'UDI, parue dans La Voix du Nord du 10 novembre 2013 et réalisée par Hervé Favre

À la fin d’une semaine marquée par ses retrouvailles avec François Bayrou au sein de l’Alternative, Jean-Louis Borloo a reçu « La Voix du Nord ». Après avoir bouclé le chantier de reconstruction du centre ouvert il y a un an avec la création de l’UDI, le député du Nord revient aux priorités régionales, à Seine-Nord, un autre grand chantier qui lui est cher mais qui est, lui, toujours à l’arrêt.

– La note de la France est à nouveau dégradée par Standard and Poors. Est-ce justifié ?

« C’était écrit ! La dégradation précédente disait que si la France ne prenait pas des mesures concrètes de réduction de la dépense publique, elle allait se trouver dans une situation ingérable. Aujourd’hui, contrairement à ce que le gouvernement annonce, il n’y a pas de réduction de la dépense publique et la violence du choc fiscal de 52milliards a impacté la croissance. Standard and Poors dit que la France est au maximum de sa capacité à prélever l’impôt et met en garde devant ce danger. »

– Elle dit aussi que la France ne peut se réformer. Le recul sur l’écotaxe en apporte une nouvelle preuve !

« L’overdose fiscale est telle que demain, vous faites n’importe quel nouvel impôt, il n’est plus digérable. Le principe de la fiscalité écologique ne doit pas être remis en cause, mais il faut retravailler les modalités. Mais ce n’est pas le principal sujet. Le sujet vital, c’est le chômage. 14 % dans la région Nord - Pas-de-Calais. La seule réponse à la situation actuelle est un plan de relance. Je l’ai proposé en mai à François Hollande. On ne peut pas doubler la TVA sur le bâtiment, sur les transports publics, taper sur les services à la personne, arrêter de construire des logements et ensuite s’étonner de ce qui arrive.

100 000 chômeurs de plus, c’est 2,5 milliards de déficit en plus. Or on a au moins 300 000 emplois non créés ou chômeurs de plus liés directement à l’action gouvernementale. »

– Vous ne croyez pas à l’inversion de la courbe du chômage à la fin de l’année ?

« Ce ne sont que des mots. Ce que je vois, c’est que le tissu industriel se fragilise, que les gens n’ont plus confiance. Il faut un pacte de confiance pour créer un pacte de relance. Nous ne pouvons plus rester dans les annonces et cette République des phrases. Nous devons entrer dans la République du concret. »

– Pour la région, la relance passe forcément par Seine-Nord ?

« L’Europe a déjà financé 40 % des études et elle a toujours dit qu’elle contribuerait pour 40 % aux travaux. Elle vient de le confirmer. Voilà un programme de relance instantanée qui va créer 7 à 10 000 emplois sur le chantier lui-même et faire du Nord - Pas-de-Calais le grand hub logistique européen avec nos ports, nos autoroutes et notre système ferroviaire. Seine-Nord consolidera probablement 50000 emplois dans les dix ans. Les études ont été faites, le conseil régional a voté sa participation, les fouilles sont terminées, il y a même un endroit où on a construit un ouvrage pour que le canal franchisse une route ! Il n’y a plus qu’à dire on y va ! . »

– Aujourd’hui, le gouvernement est au chevet de la Bretagne ou de Marseille. Il oublie le Nord ?

« La région a été massacrée dans le financement des programmes d’investissement d’avenir. Les dossiers présentés par les universités, les entreprises et les CCI ont été plantés. Avec 7 % de la population, le Nord - Pas-de-Calais ne va recevoir que 0,8 % des investissements d’avenir. Ça va bien ! Depuis que la gauche est au pouvoir, le Nord - Pas-de-Calais est abandonné. Il n’a jamais été aussi maltraité… »

– Maintenant, c’est La Redoute qui est touchée. L’État doit-il intervenir comme il l’a fait pour PSA notamment ?

« L’État ne s’est pas mêlé de l’accord de compétitivité qui a été trouvé entre PSA et Toyota pour sauver Sevelnord l’année dernière. Pour La Redoute, leader dans ce secteur, il faut analyser les investissements nécessaires. pour qu’elle soit à nouveau leader et je ne doute pas que les actionnaires actuels y contribueront.

Plus généralement, le rapport Gallois avait dit qu’il fallait 30milliards d’allègements de charges sur les entreprises, et au lieu de ça on a inventé le CICE, un truc qui ne fonctionne pas. Les entreprises ne l’utilisent pas parce que c’est trop compliqué. Il faut à la fois un plan de relance des infrastructures et une baisse de 6 % du coût du travail, Tout de suite ! »

– Quelles ambitions pour l’UDI et le MoDem aux prochaines régionales ?

« Les élections régionales seront évidemment un moment fort pour notre alliance. Tout le monde a l’air de considérer que Marine Le Pen sera la prochaine présidente de la région. Il faut d’autres ambitions pour la région, je pense que les gens du Nord - Pas-de-Calais confieront l’avenir de leurs enfants à des gens comme nous plutôt qu’à une aventure de ce type. Encore faut-il être en ordre de bataille. »

– Vous pourriez être tête de liste ?

« On m’a déjà annoncé candidat à Lille, à Paris, aux européennes. Je suis député du Nord. Mais je me mêlerai au débat régional d’une manière ou d’une autre. »

– Aux municipales, il y a des clarifications à apporter. Le MoDem Nord soutient Martine Aubry. N’est-ce pas contraire à la charte de l’Alternative signée mardi ?

« Sur 36 000 communes, il peut y avoir encore quelques cas à régler. Mais politiquement les choses sont claires. Le MoDem est dans l’opposition. Que je sache, François Bayrou part bien à Pau contre le Parti socialiste ! »

– Que pensez-vous du procès en incompétence fait par l’opposition à François Hollande ?

« Gouverner, c’est difficile. Pour autant, quand un gouvernement est sur le reculoir permanent, il ne peut plus prendre d’initiatives pour entraîner le pays. C’est à François Hollande d’apprécier s’il est encore en capacité d’initiative. S’il pense comme moi qu’il ne l’est plus, il a deux solutions : changer radicalement et le cap et ses équipes y compris à l’Élysée, ou retourner devant le peuple. »

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